Un centre de recherches pédagogiques appliquées
Basé sur la méthode Feldenkrais
Etre, devenir, redevenir acteur de sa santé

Caroline, 1 an ½
leucomalacie péri-ventriculaire

naissance prématurée


Juillet 2008
Suivi rééducatif uniquement en Feldenkrais®

Le diagnostic médical

Leucomalacie péri-ventriculaire bilatérale en lien avec un placenta praevia. Naissance prématurée à 31 semaines en Janvier 2007.

Sur le plan neurologique, atteinte sévère à type de tétraparésie spastique avec une hypertonie segmentaire des membres inférieurs et un angle des adducteurs qui ne dépasse guère 30°. Position assise impossible, retournement par hasard plus que initié véritablement par l’enfant. La préhension ne se fait qu’au contact. Les parents font le choix, en juillet 2008, de sortir du cadre classique de rééducation. Ils optent pour un suivi en Feldenkrais®, avec une aide significative de l’ostéopathie crânienne en été 2008. Une pédiatre et un ophtalmologiste sont les référents médicaux.

Résumé des observations cliniques

  • Caroline est avenante, agréable et joyeuse. Elle est attentive et disponible pour apprendre. Elle est très réceptive.
  • Caroline est comme un bloc et bouge en conséquence. La tétraparésie spastique est très prononcée : pratiquement aucune différenciation et articulation entre les différentes parties du corps, en particulier les membres inférieurs (jambes tendues et serrées en permanence), et le lien haut/bas. Les fonctions fondamentales sont peu présentes. L’axe central vertébral est très peu connecté aux membres. Fort strabisme et hypermétropie.
  • Les mouvements sont brusques et lui demandent un immense effort pour quelques millimètres d’amplitude, voir aucun résultat.
  • L’articulation des hanches et le haut du corps ne sont pas fonctionnels. Chevilles, poignets, doigts des mains et orteils sont bloqués. L’orientation ne s’exerce que très peu, de même pour les connexions à la ceinture scapulaire. Les bras sont très repliés sur eux-mêmes.
  • Appuis squelettiques, transferts de poids, céder-repousser, chercher à atteindre, sont quasi-inexistants.
  • Caroline ne tient pas assise, la fonction de redressement est à peine amorcée.
  • Le schéma d’hyper-extension/tétraparésie de l’ensemble du corps entretient une boucle d’impossibilité d’action et une immense frustration. Prise dans des réflexes de mouvements contraires qui l’immobilisent, Caroline ne peut expérimenter le mouvement. Elle ne peut ressentir le plaisir de bouger et de réussir. Elle est sans cesse confrontée à l’impossible.
  • Son seuil de tolérance à la frustration et à l’éloignement de ces proches est très bas.

Les séances sont d’une durée de 1h15 à 2h. 3 semaines de séances alternent avec environ 3 semaines de pauses intégratives. La fréquence est bi-hebdomadaire. A chaque séance, pauses, temps d’observation et mise en mots avec la famille permettent une attention soutenue et constructive.

Résultats

Caroline apprend de manière significative sur les plans fonctionnels, expressifs et cognitifs. Les petites victoires d’action de quelques millimètres deviennent de grandes victoires. Elle éprouve enfin la fierté de réussir liée au sentiment de satisfaction de sentir ses mouvements naîtrent et grandir progressivement. Caroline tolère de plus en plus la frustration, prend confiance, devient plus autonome.

  • La durée et la qualité d’attention ne font qu’augmenter. La spasticité régresse de manière significative. La fluidité, les nuances et la maîtrise apparaissent.
  • Les bras se déplient chaque semaine un peu plus. La motricité fine se clarifie et s’exerce, la manipulation en tout genre a démarré. Pronation/supination sont là. La préhension se fait avec les deux mains, et intentionnellement. Caroline pointe les objets.
  • Elle ne dort plus les jambes raides. La flexion des jambes progresse. Il est enfin possible de la porter avec les jambes ouvertes contre soi.
  • Caroline est en train d’abandonner le schéma réflexe d’hyper-extension/tétraparésie, quelle victoire !
  • La sphère langagière s’articule : mouvement de la langue et prononciation des consonnes. Julie s’entraîne à la prosodie du langage verbal, elle nous adresse ses conversations mélodiques.
  • La gamme d’expression sonore et faciale s’étend et se diversifie. C’est l’explosion de ses capacités cognitives.
  • Caroline tient assise d’elle-même, en losange. Elle se redresse, varie les angles d’action et tient de plus en plus longtemps. Elle passe le poids du corps d’une fesse à l’autre pour chercher à atteindre, ses jambes se mettent en mouvement au lieu de rester raides. L’habillage est plus facile. Elle manipule les objets avec une dextérité amplifiée. Elle boit toute seule, sans verser à côté. La déglutition s’est améliorée.
  • Caroline est demandeuse de nouvelles expériences corporelles (avant elle pouvait rester des heures immobiles).
  • Elle adore être debout avec l’appui de l’adulte et fait monter ses genoux à elle pour danser. Les plantes de pieds adhèrent plus clairement au sol.
  • Caroline exprime une gamme d’émotions plus large.
  • Sa communication sociale augmente en partage et confiance.
  • Le ramper évolue : jambes en controlatéral/genou fléchi à 90°, en alternance jambe droite-jambe gauche, début de l’activation du repoussé par le pied à travers le bassin, premier retournement en ramenant la jambe en flexion sur la poitrine.
  • Le plaisir du mouvement et de l’expérimentation ne cesse de se démultiplier.

En Janvier 2010, Caroline marche en déambulateur.
Les deux talons sont au sol, les genoux pratiquement alignés et se déroulant parfaitement.


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